Un film mexicain: Vaho du réalisateur Alejandro Gerber Bicecci.

Publié le par Drinkel

Un film mexicain : Vaho , du réalisateur Alejandro Gerber Bicecci

 

Tourné à Itzapalapa, une des seize agglomérations située à l’est du district de Mexico, dont la population avoisine les deux millions vivant dans des conditions d’extrême pauvreté avec tous les maux que connaissent les villes du sud : délinquance, violence endémique, prostitution, alcoolisme, habitat insalubre. Le film donne à voir ces réalités mieux qu’un essai de sociologie ou de géographie humaine dans un style baroque qui rappelle le meilleur du cinéma novo, cette tendance esthétique née au Brésil à la fin des années soixante et dont les chefs de fil furent Glauber Rocha et Peirira Dos Santos.

L’ouverture du film est magistrale : En 1964, un  camionneur et une prostituée traversent un lac desséché quand ils aperçoivent soudain une jeune femme morte d’épuisement et de soif alors qu’elle allaite son bébé. La prostituée recueille l’enfant, et le cinéaste fait une ellipse de plusieurs décennies qui nous transporte à l’époque actuelle, dans le même espace qui fait partie d’Itzapalpa, ville connue pour abriter chaque année une impressionnante Passion du christ où les hommes transportent la croix pour leur propre rédemption et celle de la communauté.

Le cinéaste a profité de cette imposante cérémonie à laquelle participent des milliers de personnes pour filmer des images d’une très grande force qui rappellent le meilleur de Buñuel et de Glauber Rocha tout à la fois. Ce sont les scènes mystiques du début et de la fin qui confèrent beauté et gravité à ce film qui souffre cependant d’une juxtaposition d’éléments disparates, aussi bien du point de vue de la temporalité que du point de vue thématique. Trois histoires emboîtées dont on ne voit pas vraiment le lien avec le début, et ce long flash back qui  relate l’enfance des trois protagonistes dont le film raconte l’histoire : José, qu’on pourrait croire être le bébé du début du film puisqu’il est présenté comme le fils d’Efrén ( le camionneur devenu patron d’une petite fabrique de glace), Felipe qui s’occupe d’un cybercafé et passe son temps à surfer sur des sites porno et à espionner les filles qui viennent chatter dans son cyber, et enfin André, fils d’un plombier alcoolique séduit par le discours indien qui prône le retour aux sources et le rejet de l’acculturation qui résulte de l’invasion occidentale.

 Malgré cet éclatement de la narration et un enchevêtrement du récit qui peut désorienter le spectateur, le film n’en est pas moins un document de première importance au sujet du syncrétisme culturel et religieux qui impose une réinterprétation du discours mystique à la lumière des réalités politiques et économiques qui sont celle de l’Amérique Latine aujourd’hui. Le nivellement  résulte de l’exclusion de couches de plus en plus grandes avec les mêmes expressions de détresse qu’on soit à Manille, Mexcico ou Casablanca, et  même dans les ceintures de misère qui entourent les nantis dans les capitales occidentales.

 



 

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