Marrakech un grand festival?

Publié le par Drinkel

Je ne suis plus revenu au festival cinématographique de Marrakech depuis l’avant dernière édition, d’abord parce qu’on ne m’y invite plus, et aussi parce que, comme nombre de mes amis, cinéastes et critiques, je ne s’y sens pas chez moi c’est-à-dire à Marrakech. En dehors des films c’est la solitude garantie, parce que de débats niet, les conférences de presse sont d’une froideur glaciale et ont lieu dans la pénombre lugubre d’une sorte de hangar peu accueillant. Je ne parle pas des soirées et autres réceptions qui sont pour les happy few…Et puis tous ces vigiles qui vous donnent l’impression chaque fois de passer la douane et où les sens interdits vous condamnent à tourner en rond dans le palais de Congrès. J’espère que les choses ont changé depuis, pour la réputation du festival et du Maroc…Car les festivals dans le monde il y en a une flopée et tous ne sont pas dans la catégorie A. Rien que dans la région on doit se mesurer à San Sébastian, Venise, Cannes, Berlin, Carthage…Et la valeur d’un festival ne se juge  pas au parc de voitures avec chauffeurs mobilisées, ni par le nombre de  villasmis à la disposition des heureux convives, ni par  les suites de luxe à La Mamounia et par le nombre de réceptions offertes. Ce qui fait la valeur d’un grand festival, c’est en plus de la qualité des films en compétition et l’honnêteté et la compétence des membres de jury, les possibilités qu’il offre aux professionnels en terme de marché  (Cannes est d’abord un grand marché de films), les opportunités qu’il donne aux cinéastes du pays et autres gens du métier (chefs opérateurs, acteurs, scénaristes, distributeurs, critiques) pour obtenir des contrats, distribuer les films à l’étranger, trouver de nouveaux projets et de nouvelles sources de financement….etc. Par ailleurs un grand festival c’est aussi une ambiance humaine, des échanges passionnés et des débats sur les films, des rencontres avec les créateurs qui ouvrent de nouveaux horizons et alimentent le désir de faire des films chez les jeunes et moins jeunes. Un festival c’est des amitiés et peut-être plus, c’est la découverte de l’autre et des autres, l’altérité que le cinéma nourrit de sa diversité…Alors j’ai beau chercher aux alentours du palais du Congrès, rien que le froid glacial et la vue sur le Haut Atlas enneigé …. Mais peut-être que les choses ont- elles changé depuis. J’aimerais bien être démenti.

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