Les marocains d'outre mer...

Publié le par Drinkel

 

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Pour retrouver la joie de vivre, il suffit de regarder des  paysages, de beaux visages et si possible quelques bons films…Et il y a eu tout ça et presque à Tanger où je viens de passer une bonne semaine dans le cadre du festival du cinéma marocain organisé chaque année dans la ville du détroit. De bons films il y en eu à vrai dire très peu même si quelques uns se laissent  plus ou moins voir. Mais  il y a eu quelques bonnes surprises, venant surtout des marocains de l’étranger qui à l’instar de nos émigrés, participent à l’augmentation du PIB culturel et participent au rayonnement de notre cinéma. J’en veux pour preuve le film de Kamal El Mahouti, Mon frère qui vient de remporter un prix au festival de Dubai et qui a obtenu à Tanger le prix de la revue Cinémag, équivalent du prix de la Critique.

 

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Interprété magistralement par Zakia Al Ahmadi dans le rôle d’un artiste peintre d’origine marocaine qui trouve dans la peinture et l’expression artistique un moyen d’exorciser ses démons et le mal être que sa condition de jeune franco-marocain génère, le film est tout à la fois un témoignage sur la condition de la jeunesse franco-maghrébine issue d’une double culture et une tentative d’exprimer les tourments et la soif de vivre d’un artiste  écorché vif, qui cherche dans l’amour et la création une voie de salut. Les personnages sont campés avec beaucoup de justesse, en particulier les parents du personnage principal- (interprétés magistralement par les propres parents du réalisateur) - chez qui on retrouve l’inquiétude universelle  des parents soucieux de l’avenir de leur progéniture. 

 

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Kamal Mahouti 

Il faut noter aussi la qualité des  images, en particulier les séquences filmées au Maroc où le réalisateur en esthète confirmé  donne à voir le Maroc de son Désir. Fabienne Pacher, la monteuse du film a reconstitué minutieusement le puzzle et organisé ce matériau visuel d’une grande qualité.

Parmi les autres films franco-marocains - il faut bien les appeler par leurs noms, puisqu’ils sont  réalisés par des cinéastes d’origine marocaine vivant en France- j’ai vu  et aimé les Chroniques d’une cour de récré du cinéaste Brahim Fritah, qui décrit l’univers d’une famille d’ouvriers marocains vivant dans une usine de construction de grues…

 

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C’est à travers les yeux de l’enfant Brahim, un écolier de 13 ans, curieux et espiègle que ce monde nous est donné à voir quelque fois avec justesse, souvent avec drôlerie et tendresse…Aucun misérabilisme dans ce film « ouvrier », et la famille d’origine maghrébine  ne souffre pas de la désintégration et n’est pas accablé de malheurs comme c’est souvent le cas dans le milieu social ouvrier maghrébin. Il y a juste ce qu’il faut pour permettre à l’imagination de Brahim de prendre son envol et donner à une grue abandonnée les formes d’une sculpture de Giacometti et percevoir les bizarreries des adultes comme ce directeur d’école qui trouve plaisir à faire faire des corvées à Brahim et son frère chaque fois qu’ils arrivent en retard  à l’école,  ou le directeur de personnel de l’usine qui vient sermonner le père pour le dissuader de faire grève. Le film m’a fait penser à l’Enfance nue de Pialat en moins noir, et il contient de vrais moments  de bonheur comme la séquence de la course effrénée de Brahim et son ami dans le champ ou les retrouvailles des camarades ouvriers pour fêter leur combat contre le patronat….(à suivre).

 

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 Brahim Fritah

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