Les lumières du Bouregreg (Septembre 2010)

Publié le par Drinkel

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Des femmes, des films, un fleuve et des remparts. Que rêver de mieux pour une Rentrée ? Après un mois d’abstinence (Ramadan) et la canicule d’Août voici  le temps des retrouvailles et des brises atlantiques. Et comme l’année dernière, j’inaugure la saison avec le festival des films de femmes de Salé dont la prochaine édition aura lieu du 20 au 25 Septembre 2010. J’ai reçu un coup de fil ce matin des organisateurs me proposant d’animer les débats avec le public en présence des réalisateurs et comédiens, ce que j’ai accepté avec plaisir. J’ai appris que le jury (toujours composé de femmes, c’est la tradition) sera présidé cette année par la comédienne française Macha Méril.machameril1.jpg Quoi de plus normal pour cette native de Rabat qui a joué dans la cour des grands (Godard, Bunuel, Fassbinder…) excusez du peu. Et puis il y a la belle actrice marocaine Sanâa Mouziane que je retrouve avec joie dans les différents festivals marocains…En attendant plus de détails sur les films (12 en compétition) et le programme culturel (je sais qu’il y a en plus des débats sur les films, des conférences, cette année une table ronde au sujet de la révolution numérique et son impact sur le septième Art) je vous donne à titre rétrospectif le compte rendu que j’avais écrit au sujet de la précédente édition.sanae_mouziane3.JPG

            Les lumières du Bouregreg- compte rendu du festival du film de femmes de Salé.

           

La rentrée cinématographique a eu lieu cet automne à Salé, dans le cadre du festival de films de femmes qui a rassemblé durant six jours (du 28 septembre  au 3 octobre) des cinéphiles de différentes régions du Maroc ainsi que de nombreux invités étrangers comme l’actrice française Agnès Jaoui et la réalisatrice tunisienne Kaltoum Bornaz ou la célèbre Ilham Chahine venue d’Egypte. Le jury totalement féminin était composé de personnalités crédibles du 7ème art, telle la réalisatrice islandaise Solveig Anspach dont on se souvient du merveilleux (Stormy weather),  ou l’actrice  franco-allemande Isolde Barth qui a joué entre autres dans les films de Bergman et Fassbinder, ou Yamina Bachir –Chouikh actrice algérienne habituée des festivals marocains, remarquée en particulier pour son rôle dans la Citadelle de Mohamed Chouikh …D’aucuns ont contesté cette composition exclusivement féminine du jury et y ont vu une sorte de sexisme à rebours . Du reste on peut s’interroger sur la nature d’un festival de cinéma dit féminin. Faut-il le définir par le genre (l’appartenance sexuelle de celles qui font le film) ou par le regard que ce type de cinéma porte sur la question féminine, peu importe le genre. Le choix du film de Ken Loach (It’s a free world) parmi les films en compétition laisse penser que les organisateurs ne réduisent pas le cinéma féminin à sa différence sexuelle.

Quoiqu’il en soit, le bilan cinématographique de cette troisième édition du festival de films de femmes est riche au niveau de la programmation .Les thèmes abordés  sont divers : solitude dans le monde moderne  (Wendy and Lucy), problèmes causées par les ravages de la guerre (La neige-), résistance à l’oppression par l’art et la musique (Kharboucha) , la vie des marginaux dans les villes du sud ( Mix Fawzia , Portraits de femmes chinoises), statut juridique de la femme dans le monde arabe (L’autre moitié du ciel) ,thème de la mémoire et l’exil (Le retour chez soi). Tous ces thèmes et bien d’autres ont été remarquablement traités par des cinéastes qui appartiennent à des aires culturelles et géographiques  variées, qui vont de la Chine aux U.S.A en passant par la Palestine, l’Egypte, la Bosnie Herzégovine, la Tunisie, le Maroc, la Belgique et le Pérou.

 

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Parmi les œuvres qui ont suscité l’admiration unanime du public et de la critique on doit  citer le film bosniaque « premières neiges » de la réalisatrice Aida Begic. Témoignage digne et poignant sur l’après guerre dans un village à l’est de la Bosnie (Slavno) où les survivants (six femmes, un grand père et un enfant) tentent de survivre malgré le génocide dont ils furent témoins et les horreurs d’une guerre  qui les a privé à jamais d’un mari, d’un père ou d’un être proche. Le calvaire des survivants est accentué par l’incertitude au sujet du sort de certains de leurs proches dont ils sont restés sans nouvelles au lendemain de la guerre, partagés entre l’espoir ténu de les retrouver vivants et la résignation à une mort irrémédiable. Le film a pour cadre une nature grandiose, paysage de montagne  « où la neige tombe…pour que chaque animal laisse une trace de son passage ». Les criminels quant à eux cherchent à effacer toute trace, et après le génocide cherchent à exproprier les survivants en se présentant sous le masque de capitalistes intéressés par le développement local.

            Le personnage principal, Alma (Zana Marajnovic), jeune femme éplorée par la perte de son mari avec qui elle n’a vécu que quelques mois est remarquable de ténacité et de courage face à l’adversité. Elle continue à fabriquer ses pots de confiture avec les fruits du terroir pour des clients hypothétiques et rencontre une promesse d’amour sur son chemin en la personne d’un chauffeur de camionnette qui renverse malencontreusement l’étalage de confiture laissé imprudemment en bord de route. Il propose en guise de réparation de s’associer à l’entreprise familiale et tarde à venir…Entre temps deux promoteurs  immobiliers débarquent dans le village et proposent aux survivants de vendre leurs terres puisqu’ils ne peuvent à eux seuls continuer à les exploiter. L’un des deux hommes, d’origine serbe, a été témoin des massacres et de la déportation des hommes du village. Il n’hésite pas à annoncer la mort des pères et des frères pour enlever aux femmes tout espoir de les revoir vivants afin qu’elles se décident à vendre leurs terres. Métaphore qui en dit long sur le cynisme du capitalisme impitoyable qui spécule sur le malheur des opprimés. Mais les femmes dont le caractère a été forgé par des siècles de lutte face au malheur et à l’oppression tiennent bon avant qu’une tempête de neige ne vienne à leurs secours en piégeant les intrus…Film grave dont le propos est tempéré par la beauté des paysages naturels de l’est  de la Bosnie ou le film fut tourné. Les acteurs campent leur rôle avec beaucoup de naturel et de vérité humaine, comme ce vieillard au visage digne et au regard expressif, inquiet et aux aguets avec un enfant dont les cheveux poussent sans arrêt en lui occasionnant des crises de douleur, ou bien la belle mère d’Alma, campée sur ses convictions morales d’une autre époque et refusant pour tout l’or du monde d’abandonner sa terre. Il faut rappeler que ce film qui est le premier long métrage de la réalisatrice bosniaque Aida Beijc a déjà été primé à la semaine de la critique cannoise en 2008. Sa consécration à Salé est une juste appréciation de sa valeur artistique et humaine.

Cinéma arabe :

sel de la mer 2 (1)Le cinéma arabe a été quantitativement bien représenté dans cette édition (quatre films en compétition sur douze) mais la valeur des films reste inégale. Le film palestinien Le sel de la mer de la réalisatrice Annemarie Jacir (2008) n’a pas totalement satisfait les attentes du jury et de la critique même s’il a été chaleureusement ovationné par le public. Film sincère sur le désir d’une jeune palestinienne née à Brooklyn de retrouver son pays natal et qui se trouve confrontée aux dures réalités de l’occupation israélienne : attente interminable et humiliations dans les check point, déni et refus de garder des traces des palestiniens  expulsés en 1948, omniprésence du mur de la honte… A peine arrivée à Ramallah, Soraya cherche à tirer de l’argent d’un compte bancaire que ses grands parents y avaient laissé avant leur exil mais se heurte au refus de la banque de ranimer le compte gelé depuis…Elle rencontre deux palestiniens poussés à la révolte par les forces d’occupation, et le trio décide d’enfreindre la loi dans un pays qui leur refuse toute vie légale. Le film se transforme dès lors en road- movie et nous permet au passage de visiter des villes dont l’architecture somptueuse résiste malgré tout au cauchemar de l’Histoire : Jérusalem, Haifa…et au bout, la méditerranée, symbole de liberté retrouvée. Mais l’évasion tourne court et Soraya  est renvoyée vers sa Brooklyn natale tandis que son compagnon Imad est incarcéré. Le côté thriller du film, avec braquage de banque et grande évasion rend l’histoire tout à fait invraisemblable dans un pays hyper contrôlé et policé, d’autant plus que le jeu des acteurs n’est pas toujours crédible. Malgré ses défauts, le film a un côté documentaire intéressant puisque la caméra nous promène dans la Palestine historique, avec ses belles villes et ses plages, des maisons en dur et des arbres fruitiers, des orangers et des grenadiers célébrés par les grands poètes palestiniens , loin des campements de fortune où croupissent désormais les réfugiés chassés de leur terre après les invasions successives de l’armée israélienne. La préparation de la production de ce film a duré cinq ans et nécessité la participation de huit producteurs de  différents pays. Le tournage s’est déroulé  dans des conditions difficiles. A titre d’exemple l’ acteur principal Saleh Bakri n’avait pas le droit d’aller à Ramallah où furent tournées les scènes du début. De même, l’équipe cisjordanienne n’avait pas le droit d’aller tourner à l’intérieur d’Israël…

   Sur un ton moins tragique, et appartenant au registre de la comédie sociale, le film égyptien intitulé Mix Fawzia de Magdy Ahmed Aly nous transporte dans la banlieue populeuse du Caire, entre le cimetière et l’autoroute  sur les rives polluées du Nil où le petit peuple vit sa vie en supportant avec humour ses dures conditions d’existence. L’héroïne du film Fawzia (Ilham Chahine) mène une vie tumultueuse avec ses divorces successifs. Quand le film commence elle est à son cinquième mariage et vient juste d’enterrer son quatrième époux au cimetière. Son rêve dans la vie est de disposer d’une vraie douche dans une salle de bains indépendante. Autour d’elle, des personnages hauts en couleur, populo non sordides, petites gens qui font un pied de nez à la misère par le rire et surmontent  leurs difficultés matérielles par l’entraide et dans la bonne humeur. Telle cette danseuse (Najwa Fouad), qui avoue à Fouzia avoir un faible pour le cinquième mari de celle-ci et lui demande le plus naturellement du monde de le partager avec elle, ou ce personnage qui fantasme sur son tombeau futur et décide de le construire de son vivant…Le réalisateur Majdi Ahmed Ali a donné libre cours à son imagination fellinienne sans parvenir cependant à maîtriser le flux de la narration et à proposer des situations vraiment drôles. Le public bon enfant a beaucoup ri et ovationné Ilham Chahine qui a participé en même temps que le réalisateur et l’acteur Fathi Abdelwahab au débat qui a suivi la projection.

            BORNAZ Kalthoum 2008Parmi les cinéastes femmes présentes à Salé il faut citer la réalisatrice tunisienne Kaltoum Bornaz dont le film « L’autre moitié du ciel », suscite en ce moment un grand débat en Tunisie et dans le monde arabe. Abordant de manière frontale la question de l’héritage en  droit successoral musulman le double en héritage par rapport aux femmes malgré la proclamation dès 1956 du Code du Statut personnel en Tunisie. Ce thème qui a focalisé le débat n’est pourtant qu’un aspect du film dont l’écriture est parfaitement maîtrisée, avec un vrai regard de cinéaste qui sait créer des atmosphères, raconter une histoire avec de vrais  personnages, du rythme …Kalthoum Bornaz une ancienne l’I.D.H.E.C. fait partie de cette génération de cinéastes maghrébins qui ont parfaitement assimilé le langage cinématographique et qui cherchent à créer un style propre , une mise en scène dépouillée, pour rendre compte des réalités complexes d’une société en mutation.

     Le personnage principal du film, Selima, étudiante en archéologie, est en quête avec son frère jumeau du souvenir de la mère absente, morte accidentellement à leur naissance et dont ils ignorent le lieu où elle est inhumée. Quête œdipienne et mal être dans une société aux fondements théocratiques qui privilégie le mâle –malgré les acquis de la femme sous Bourguiba- et oblige l’individu, même ancien communiste (le père),  à souscrire aux commandements rétrogrades  de l’idéologie dominante. D’où le titre arabe « Chtar m’haba » ou moitié d’amour qui met l’accent sur cette injustice dont les femmes sont victimes dans les pays musulmans, du fait de leur différence sexuelle. Tourné dans la région de Tunis le film nous donne à voir la beauté des espaces, investis d’un regard amoureux (panoramique sur Tunis, ruines de Carthage, villa au bord de la méditerranée quelque part entre la Marsa et sidi Bousaid…). Ce film enrichit incontestablement le cinéma d’auteur au Maghreb.

      Kharboucha, film marocain 

kharboucha2Le cinéma marocain a été représenté dans ce festival par Kharboucha qui n’est pas à proprement parler un film de femme (son réalisateur est Hamid Zoughi) mais il l’est par la thématique puisqu’il raconte le combat de la célèbre chanteuse et poétesse de Abda qui a mis son art au service de la défense de la liberté en tenant tête au Caid despote Ben Omar. Le choix du thème, inédit dans le cinéma marocain,  est à lui seul un partis pris ambitieux et montre une voie féconde pour les scénaristes qui disposent d’un registre inépuisable (l’histoire du Maroc, en particulier l’histoire régionale) non encore explorée par les créateurs. Malgré ses maladresses, histoire non aboutie, en particulier dans la scène finale, le film présente des qualités évidentes, notamment le jeu des acteurs (Abbas Kamel est parfait dans le rôle du caïd Omar, Houda Sidki dans celui de Kharboucha malgré quelques mièvreries…). Un grand effort a été fait au niveau des décors (habits traditionnels d’époque et  choix d’intérieurs, notamment le palais du cïid). La grande faiblesse du film réside dans l’absence de cadrage, en particulier quand la caméra filme les scènes de foule et de bataille où l’on voit les protagonistes s’agiter dans tous les sens et les personnages filmés n’importe comment. Par contre les dialogues sont parfaitement menés et portent l’empreinte du parler authentique de la région (plaines atlantiques au sud de Casablanca) et non cet esperanto fade auquel ont recours certains dialoguistes. On est étonné d’apprendre que certaines paroles de chansons ont été écrites spécialement pour le film alors qu’elles semblent directement tirées du répertoire propre de Kharboucha ce qui prouve à l’évidence  le talent du scénariste Khalid Khodari.

Participation européenne 110697-b-je-suis-de-titov-veles

    En plus du film bosniaque précédemment cité, le cinéma européen a été représenté dans la compétition officielle par quatre  autres films : « C’est un monde libre » de Ken Loach (Grande Bretagne), je suis de Titov Veles (film macédonien de Tena Metevska) et Rumba d’Abel-Fiona- Romy de Belgique et enfin Fausta, Lait de douleur présenté au nom de l’Espagne alors qu’il a été entièrement tourné au Pérou.

    it s a free worldL’inspiration sociale du cinéma de Ken Loach est bien connue pour qu’il soit nécessaire de le rappeler. Ce qui est nouveau dans « It’s free world » c’est la manière originale avec laquelle Loach traite un sujet grave (l’exploitation de la main d’œuvre clandestine) en montrant l’enlisement dans le cynisme d’une jeune femme qui dirige à Londres une entreprise de recrutement de travailleurs clandestins issus de l’émigration. La jeune femme débordant d’énergie et de charme (Angie) cherche à s’en sortir en pensant au départ aider les clandestins, mais elle se trouve peu à peu confrontée aux dures contraintes de la concurrence  et n’hésite pas à utiliser des procédés illégaux, voire sordides pour gagner de l’argent : elle loge les travailleurs dans des logement de fortune avec des loyers élevés, n’hésite pas à faire expulser des sans papiers d’un abri provisoire pour y loger ses locataires, encaisse les taxes des ouvriers sans les reverser…etc. Ken Loach utilise le mécanisme de l’identification pour faire prendre conscience au spectateur de la nature du système capitaliste qui fonctionne grâce à des personnages comme Angie, poussés  au cynisme pour trouver leur place dans un monde sans pitié ou la logique du profit supplante toute autre considération. Il aura fallu qu’Angie subisse l’épreuve de la terreur, celle de risquer de perdre son fils séquestré par des travailleurs en réclamant leur dû, pour comprendre qu’elle s’est fourvoyée  et renoncer en fin de compte à utiliser la détresse d’autrui pour asseoir son confort. Il faut souligner l’interprétation magistrale du rôle principal par une actrice totalement inconnue du public (Kierston Wareing) dont l’humour décapant et la joie de vivre contagieuse  suscitent le bonheur du spectateur malgré la pesanteur des problèmes qui constituent l’univers de Ken Loach.

     Parmi les autres films européens marquants de ce festival on doit citer le film macédonien (ex Yougoslavie)  « Je suis de Titov Veles »  de Teana Strugar Mitevska. Œuvre sensible qui témoigne du mal de vivre de trois sœurs après la fugue de leur mère et la mort du père dans une  jolie ville de montagne qui n’a gardé du communisme que son usine de plomb construite par Tito. Le film est raconté en voix off du point de vue de la plus jeune des sœurs, Aphrodita (interprétée par Labina Mitevska sœur de la réalisatrice), qui s’est murée dans le silence depuis la mort du père et qui observe le monde autour d’elle tantôt avec tendresse, tantôt avec  rage impuissante. Elle est témoin des souffrances de sa sœur aînée (Savica), toxico, souvent en manque de méthadone. Sa sœur cadette Sapho quant à elle nourrit le désir de quitter la ville pour un occident chimérique, pensant que la vraie vie est ailleurs et place tous ses espoirs dans l’obtention d’un visa…

    La réalisatrice Teona Strugar Mitevska (34 ans), qui fut graphiste avant de passer à la mise en scène fait preuve d’un talent certain en suggérant l’enfermement de ses personnages et leur désespoir dans un monde abandonné des dieux. Elle nous offre un témoignage sur la jeunesse de la Macédoine dont les problèmes au demeurant ressemblent à ceux des autres pays, victimes d’un passé traumatisant et d’une mondialisation sans cœur.

   Wendy and Lucy

  C’est ce même constat pessimiste sur le monde où nous vivons que donne à voir le film américain (Wendy et Lucy) de la réalisatrice et scénariste Kelly Reichardt, issue du cinéma américain indépendant (indie cinéma) dont l’œuvre s’inscrit dans une tendance minimaliste et  fut couronnée par de nombreux prix depuis son premier film River of grass (1994). Wendy et Lucy est adaptée d’une courte nouvelle de Jon Raymond qui raconte l’histoire d’une jeune américaine qui décide de partir pour l’Alaska en quête d’une opportunité économique. Elle prend la route avec son unique compagnon, Lucy, un chien qu’elle ne tardera pas à perdre ainsi que sa voiture dans une  ville de l’Oregon où elle se retrouve soudain seule et démunie. Malgré ses économies, et  dans l’attente de trouver un boulot dans l’industrie de conserve qui offre le gîte et le couvert dans l’Alaska  lointain, Wendy ne peut ni réparer sa voiture dont le moteur est gravement endommagé, ni garder son chien qu’elle finit par retrouver et dont elle ne peut s’occuper. Seule la gentillesse d’un vieux gardien lui permet de survivre avant de monter dans un train pour le grand nord. Film minimaliste s’il en est, aussi bien par les moyens utilisés que par l’histoire réduite à peu de chose, le film est pourtant chargé d’émotion retenue comme celle qui précède une colère où un éclat de sanglot (quand Weddy échappe à un ogre de la nuit et se retrouve seule sous la douche).  L’actrice principale, Michelle williams dont on se souvient de l’interprétation dans le film de Wenders Land of plenty , est pleine de retenue et de grâce et confère à ce film une profonde vérité humaine.

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Publié dans cinéma marocain

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